
| Rapport sur le Haut Karabagh |
| Date de publication: 29/6/2010 |
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République du Haut Karabagh Apprentissage de la démocratie et impérative recherche d’une solution I.
Les élections parlementaires du 23 mai 2010 Les élections parlementaires prévues pour élire 33 députés
à l’Assemblée nationale du Haut Karabagh (HK) ont été conduites selon le système
de vote majoritaire pour 16 représentants et 17 au scrutin
proportionnel. Quatre partis ont présenté des candidats au scrutin de liste : -
Mère Patrie Libre une liste de 35 candidats, -
Le Parti démocratique d’Artsakh, 32 -
Le Parti Dachnak, 10 -
Le Parti Communiste, 5 40 candidats se sont présentés au scrutin majoritaire
dans 16 circonscriptions électorales. Parmi ces 40 candidats, 22 se sont présentés
sans étiquette, 6 pour la formation Mère Patrie Libre, 4 pour le Parti Démocratique
d’Artsakh, 3 pour le parti Dachnak et 1 candidat pour chaque des formations
suivantes : Notre patrie est l’Arménie, le Parti communiste d’Artsakh
et le Parti chrétien démocrate. 16 circonscriptions et 272 bureaux de vote
(plus un à Erevan) étaient répartis sur le territoire du HK.
L’équipe responsable du bureau électoral n°15/19 à
Sarouchen 90 observateurs internationaux en provenance de 14
pays (Canada, Russie, Arménie, Argentine, Pays Bas, RFA, Iran, République tchèque,
Slovaquie, Danemark, Irlande, France et États Unis) ont participé à l’observation
du cinquième scrutin parlementaire conduit depuis 1991. Vingt-deux observateurs
locaux (11 de l’ONG Renaissance morale, 9 de l’Institut diplomatique de l’Artsakh
et 1 de l’organisation de la jeunesse Hayk) étaient également présents.
Vingt-neuf journalistes internationaux étaient accrédités, essentiellement en
provenance d’Arménie et de Russie. L’ensemble des rapports produits par les différentes équipes
d’observation (France, RFA, Russie, Argentine, délégation néerlandaise du Public
International Law and Policy Group (une ONG américaine candidate au prix Nobel
de la Paix en 2005) ont insisté sur le fait que les élections ont été menées de
manière libre, honnête et transparente, conformément aux normes
internationalement reconnues. Par rapport aux précédents scrutins, il a été noté
une amélioration dans l’organisation et le fonctionnement des opérations de
vote notamment une plus grande fiabilité des listes d’électeurs, une meilleure
définition des voies de recours, un matériel parfaitement
conforme(isoloirs-urnes), la reconnaissance de l’identité des électeurs (passeport
avec photo). Certes, des progrès pourraient encore être envisagés :
limitation du nombre d’inscrits par bureau, accessibilité des centres de vote.
Une meilleure couverture du territoire électoral pourrait également être prévue
en ce qui concerne le travail des observateurs internationaux. La campagne préélectorale s’est déroulée dans le calme
avec un accès mieux aménagé des candidats auprès du corps électoral, une
information plus large dans la limite des ressources financières des partis en
présence et de leurs organes de presse respectifs, l’organisation pour la première
fois d’un débat télévisé dans le créneau des trois heures de diffusion de la télévision
locale regroupant les quatre formations politiques en compétition et cela l’avant-veille
du scrutin. 98 519 électeurs étaient conviés au vote. La
participation de 67,8% s’est révélée moyenne par rapport au précédent scrutin
(74,4% en 2005). Selon les résultats proclamés le 24 mai par la Commission électorale,
l’électorat s’est réparti au scrutin proportionnel comme suit : -
Mère Patrie Libre 46,4% -
Parti Démocratique d’Artsakh 28,6% -
Parti Dachnak 20,2% -
Parti Communiste 4, 8% Le parti Mère Patrie Libre de l’actuel Premier
Ministre M. Ara HARATUYUNYAN apparaît ainsi comme le grand vainqueur du scrutin
(avec 14 députés sur 33) et, s’il devait rallier certains candidats indépendants,
pourrait disposer de la majorité au Parlement. C’est pourtant M. Achot GOULIAN,
chef du Parti démocratique d’Artsakh qui a été réélu le 10 juin Président du
Parlement (29 voix pour 1 abstention et 3 voix contre). Cette première session
du nouveau Parlement s’est faite en la présence d’une délégation française de
quatre parlementaires de l’Assemblée nationale conduite par le Président du
groupe d’amitié France Arménie, M. François ROCHEBLOINE. Il ne durait pas s’en suivre d’importants changements
dans la composition de l’équipe gouvernementale. L’élection parlementaire du 23 mai 2010 s’inscrit ainsi
dans la liste déjà longue des scrutins menés dans la République du Haut
Karabagh : -
Référendum sur l’indépendance le 10 décembre 1991 : la question posée était
la suivante : « Acceptez-vous que la République du Haut Karabagh soit
un État indépendant décidant lui-même les formes de coopération avec d’autres
États ou communautés ?». Sur 132 328
inscrits, 108 736 ont répondu · Oui :
108 615 · Non :
24 -
Élections parlementaires : 28 décembre
1991 : élection au Soviet Suprême de la RHK 30 avril
1995 : élection à l’Assemblée nationale de la RHK 18 avril
2000 : élection à l’Assemblée nationale de la RHK 19 juin 2005 :
élection à l’Assemblée nationale de la RHK -Élections présidentielles
24 novembre 1996 : 78,07% en faveur de M. Robert KOCHARYAN
1er septembre 1997 : 84,6% en faveur de M. Arkady GHOUKASIAN 11 août 2002 :
75,7% en faveur de la réélection de M. Arkady GHOUKASIAN 19 juillet
2007 : 85,12% en faveur de M. Bako SAHAKYAN -
4 élections locales en 1998, 2001, 2004 et 2007. C’est sans doute ce qui explique les propos du Président SARKISSIAN lors de sa visite à Bruxelles le 26 mai qu’ « au cours des années, diverses structures y compris l’Union européenne déclarent qu’elle ne reconnaissent par les élections au Haut Karabagh. Nous sommes convaincus qu’il n’y a pas d’autre option que les élections. L’alternative au choix libre des populations correspondrait à la prise de pouvoir de commandants ou d’autres forces incontrôlées auxquels nous sommes opposés. Nous considérons dès lors tout à fait normal que le peuple du Haut Karabagh parvienne à organiser du élections transparentes et démocratiques. Le peuple du Haut Karabagh a su construire un État moderne démocratique apte à développer ses relations avec tous les pays voisins » .
Le siège de l’Assemblée nationale de la RHK Telle n’est
pas été la position de l’Union européenne, Catherine ASHTON déclarant les élections
parlementaires du Haut Karabagh « inconstitutionnelles et privées de tout
fondement juridique, susceptibles de porter préjudice au règlement pacifique du
conflit du Haut Karabagh ». Les Co-Présidents
du groupe de Minsk, plus nuancés, déclaraient qu’ « ils comprennent la nécessité
du pouvoir en place d’organiser la vie sociale de la population du Haut
Karabagh en accord avec une procédure démocratique » mais soulignent
aussitôt qu’aucun des trois pays coprésidant le groupe n’a reconnu le Haut
Karabagh comme un État indépendant et souverain ». Sans
surprise, la Commission électorale de l’Azerbaïdjan indiquait dans un communiqué
publié le 23 mai que les élections au Haut Karabagh « violaient la
Constitution de l’Azerbaïdjan et la loi internationale », rappelant que la
« tenue d’élections et référendums sur le territoire de l’ Azerbaïdjan est
sa prérogative exclusive » . Elle condamnait la présence d’observateurs
internationaux comme une « interférence flagrante dans les affaires intérieures
de l’Azerbaïdjan ». Certains organes de presse révélaient que
les autorités azéries avaient inscrit l’ensemble des observateurs présents lors
du scrutin du 23 mai dont cinq parlementaires russes, sur une « liste
noire », les privant aussi de l’entrée sur le territoire de l’Azerbaïdjan. En parallèle,
le Ministre turc des Affaires Étrangères indiquait que ces élections « jettent
une ombre sur la stabilité régionale et réduisent à zéro les efforts des médiateurs
internationaux oeuvrant à une solution pacifique du conflit du Karabagh ». II.
Argumentaires
croisés Le
Haut Karabagh est partie de l’Arménie historique depuis le 1er millénaire
AC sous le nom d’ARTSAKH. Il a eu à connaître diverses prises de contrôle, la
dernière en date étant son annexion dans l’Empire russe lors du traité de
Gulistan entre la Russie et la Perse en 1813. Le différend sur le territoire commence en 1918 avec la création d’un nouvel État, l’Azerbaïdjan. Ce dernier n’est cependant pas reconnu par la Société des nations qui stipule qu’ « il ne peut être considéré de jure comme un État anciennement constitué, car ayant fait partie de l’Empire mongol, de la Perse et de la Russie depuis 1813 et de plus, il est difficile de déterminer les limites exactes du territoire sur lequel le gouvernement d’Azerbaïdjan exerce son autorité ». Du côté azéri, on fait valoir que nonobstant l’absence de reconnaissance par la SDN, l’Azerbaïdjan était un État puisqu’il possédait, conformément à la Convention de Montevideo de 1933, l’ensemble des attributs d’un État. Le Haut Karabagh était occupé par des forces armées azéries, que Bakou considère comme ayant été l’émanation d’un État constitué, le territoire de cette première République d’Azerbaïdjan dont la République actuelle mise en place en 1991 se considère comme l’héritière directe. Ce contre-argument est contestable par le fait que la Convention de Montevideo signée en 1933 ne peut être applicable à l’Azerbaïdjan de 1918, d’autant plus qu’il n’avait été reconnu par aucun membre de la communauté internationale.
La Présidence de la République à Stepanakert En
1921, la République soviétique de Russie, ainsi que les trois Républiques de Géorgie,
d’Arménie et d’Azerbaïdjan signent avec la Turquie le traité de Kars – aux
termes duquel le Karabakh faisait partie de l’Azerbaïdjan aux termes de l’article
4, annexe 1 du texte. La partie arménienne peut faire valoir que ce texte a été
signé sous la pression des circonstances, notamment l’épuisement économique et
moral, dues aux guerres et à l’instabilité régionale des années 20 et ne
faisait que reproduire des décisions prises à son insu lors du traité bilatéral
russo-turc de Moscou signé antérieurement. La Charte des Nations Unies
dans son article 2, paragraphe 1 stipule en effet qu’il n’est permis à aucun État
de décider des questions liées à la définition du territoire d’un autre État. La
partie arménienne conteste par ailleurs la décision prise en 1923 par le Bureau
du Caucase du Pacte communiste russe stipulant que « se basant sur des
considérations de paix nationale entre les Musulmans et les Arméniens, autant
que sur les échanges économiques entre le Bas et le Haut Karzbagh et leurs
liens permanents avec l’Azerbaïdjan, maintient le Haut Karabagh au sein de
frontières de l’Azerbaïdjan en lui conférant un statut de large autonomie ».
La partie azérie s’estime confortée par ce texte qui lui donnerait une légitimité
vieille de 70 ans. Les autorités et la population du Karabagh n’ont pourtant
cessé, tout au long de cette période, d’adresser au Comité Central de l’URSS,
nombre de demandes de réunification avec l’Arménie, toutes restées sans réponse.
Il apparaîtrait également approprié de questionner la décision de l’Azerbaïdjan
de rejeter l’ensemble de l’héritage soviétique en dénonçant en 1991 le Traité d’établissement
de l’URSS de 1923. La
loi soviétique sur la sécession du 3 avril 1990 et son application est également
l’objet d’interprétations pour le moins divergentes. L’article
2 stipule : « La décision de sécession d’une République soviétique
de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques s’exprime par la volonté du
peuple de cette République au moyen d’un référendum. La décision de conduire un
référendum est ratifié pour le Soviet Suprême de la République soviétique qu’elle
soit prise au sein de cette Assemblée ou requise par dix pour cent au mois des
résidents permanents disposant du droit de vote conformément aux lois de
l’URSS ». La partie arménienne insiste sur le fait qu’aucun référendum n’ait
été organisé, le gouvernement soviétique d’Azerbaïdjan ayant adopté la Déclaration
d’indépendance le 18 octobre alors que la population avait le 17 mars voté à
une large majorité pour le maintien au sein de l’URSS. Cela ne serait pas sans
poser de questions sur la légitimité de cet État dont pourtant les Nations
Unies s’évertuent à affirmer l’intégrité territoriale dans la question du
Karabagh. La
loi de succession dans son article 3 stipule par ailleurs que « les
populations résidant dans les régions autonomes se voient conférer le droit de
décider de manière indépendante de rester au sein de l’Union soviétique et dans
la République ayant exercé son droit à la sécession tout aussi bien que de décider
de leur propre statut juridique ». Le peuple du Haut Karabagh avait
ainsi disposé du droit à son autodétermination, en conformité par ailleurs avec
la Charte des Nations Unies, article 1, paragraphe 2. Il l’aurait exercé lors
du référendum conduit le 10 décembre 1991, alors que la loi soviétique s’exerçait
encore pleinement et dans la hiérarchie des lois applicables et était supérieure
à toute autre. La partie azérie rétorque à cette argumentation que l’Azerbaïdjan
avait proclamé son indépendance antérieurement à la tenue du référendum et
avait déjà supprimé avant cette date la statut d’autonomie du Haut Karabagh. Pour
résumer, les revendications et argumentations des deux parties, arménienne et
azérie, apparaissent bien être totalement divergentes. III. Actualité de la question La
position arménienne exprimée au Ministère des Affaires Étrangères privilégie
comme base de discussion dans le règlement de la question du Haut Karabagh les
principes de Madrid proposés en décembre 2007 par les trois Co-Présidents du
groupe de Minsk (États Unis – Russie – France) et rendus publics lors du sommet
du G8 à l’Aquila le 10 juillet 2008 : 1)
Retour des territoires entourant le Haut Karabagh sous contrôle azerbaïdjanais, 2)
Statut intérimaire pour le Haut Karabagh garantissant la sécurité et la
gouvernance locale, 3)
Maintien d’un corridor entre l’Arménie et le Haut Karabagh, 4)
Discussion du futur statut du Haut Karabagh sur le principe de l’expression
populaire notamment lors d’un référendum, 5)
Droit au retour pour l’ensemble des personnes déplacées et réfugiés, 6)
Garanties internationales de sécurité sur l’ensemble du territoire qui
comprendrait une opération de maintien de la paix L’ordonnancement
de mise en œuvre de ces mesures n’ayant jamais été clairement établi, la
position de l’Arménie est que, selon la compréhension des principes de Madrid,
le retour des réfugiés et le retrait militaire des territoires autour du Haut
Karabagh ne sauraient être mis en œuvre qu’après que le statut définitif du
Haut Karabagh ait été déterminé, une approche totalement à l’opposé de celle de
l’Azerbaïdjan. Pour résumer, l’Arménie est en faveur d’une formule de « statut
en échange de terres ». L’Arménie rejette par ailleurs ce qu’elle considère
comme les atermoiements de la diplomatie azerbaïdjanaise arguant de la nécessité
de préparer son opinion publique aux concessions alors que les déclarations
belliqueuses sont quotidiennes et que le renforcement du potentiel militaire
est continu, dépassant largement les quotas définis dans les textes du traité
FCE. L’amélioration
des relations avec la Turquie actuellement en difficulté après la suspension
par la partie arménienne de la ratification des protocoles de normalisation,
leur signature restant toutefois maintenue, ne serait en aucune façon, selon la
diplomatie arménienne, liée au différend sur le Haut Karabagh. Il n’empêche que
le processus de règlement de cette question a et aura des répercussions sur l’avenir
des relations entre Ankara et Erevan. La
diplomatie arménienne se plaît par ailleurs à rappeler la légitimité de deux
consultations menées en 1991 dans le cadre de la loi soviétique sur la
succession, à savoir la déclaration des autorités de la République autonome du
Haut Karabagh en date du 2 septembre de faire sécession de l’Azerbaïdjan suivie
du référendum d’approbation conduit le 10 décembre massivement en faveur de la
sécession et de l’élection du Parlement de la nouvelle République du Haut
Karabagh le 28 décembre suivant. L’argumentation
appuyant la thèse selon laquelle le Haut Karabagh n’a jamais juridiquement fait
partie de l’Azerbaïdjan qu’il s’agisse de la Première République (1918-20), de
la République soviétique (1920-91) ou de la République actuelle, reposant sur
les « graves manquements » au droit international à la fin de la
guerre civile des années 20 alors que l’Arménie était à genoux serait, selon la
diplomatie arménienne, tout aussi solidement étayée.
La ville de Chouchi, en grande partie détruite lors
de la bataille de mai 1992, peine à se reconstruire. De
la position de l’Azerbaïdjan, plus difficile à connaître directement puisque l’auteur
de ces lignes y est désormais interdit de séjour, on peut retenir les propos du
président Ilham ALIYEV prononcés lors de la Journée de la République le 28 mai :
« Le conflit doit être résolu sur la base du principe de l’intégrité territoriale
de l’Azerbaïdjan. Tous les territoires occupés de l’Azerbaïdjan doivent être
libérés. Les personnes déplacées azéries doivent rentrer sur les terres où elles
sont nées y compris au Nagorno-Karabagh. En ce qui concerne cette dernière région,
les communautés arménienne et azérie doivent y vivre sur la base d’un statut de
large autonomie au sein du seul État azeri […] La semaine dernière, le
Parlement européen a adopté une résolution faisant référence à la légalité
internationale et décrivant l’Arménie comme un État agresseur. Elle
indique clairement le caractère inacceptable de la violation des frontières d’un
État par utilisation de la force et qu’il est inacceptable d’accepter le statu
quo, la situation de non-guerre, non-paix ne pouvant perdurer […]. Aucun doute,
le conflit du Haut Karabagh demeurera une priorité de notre politique. Nous
mettrons tous nos efforts au service de la recherche d’une solution juste et
rapide basée sur la légalité internationale libérant nos terres des envahisseurs
et restaurant l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan […]. Le potentiel
militaire de l’Azerbaïdjan nous permet d’exécuter cette tâche avec succès dans
un temps très court ». La
tenue du scrutin au Haut Karabagh a coïncidé avec l’adoption le 20 mai par le
Parlement européen d’une « Résolution sur la nécessité d’une stratégie de
l’Union européenne du Caucase du Sud » considérant que « l’UE doit
jouir un rôle politique plus actif en élaborant une stratégie combinant son
pouvoir de convaincre et son aptitude à contraindre en concertation avec
les pays de la région ». L’aptitude à convaincre ne semble pas avoir
été à la hauteur en ce qui concerne l’approche du conflit du Haut Karabakh du
moins si l’on prend en compte la réaction pour le moins indiguée des autorités
arméniennes. Le ministre des Affaires Étrangères, M. NALBANDIAN relevait dès le
21 mai « la confusion manifeste dans la formulation », une critique
reprise dans un courrier du Président de l’Assemblée nationale arménienne au Président
du Parlement européen. Il y est notamment souligné que « dans quatre des
six points de la résolution traitant du conflit du Karabagh, la formulation
adoptée va à l’encontre des avancées dans les négociations devant conduire à un
règlement pacifique du conflit du Karabagh […] et sont en contradiction avec
les principes de Madrid, la déclaration de Moscou et le communiqué de l’Aquila
auxquels la résolution fait référence ». L’exigence de « retrait des
forces arméniennes de tous les territoires qu’elles occupent en Azerbaïdjan semble
avoir été tout particulièrement irrecevable à Erevan. Cette
confusion pourrait s’expliquer selon la diplomatie arménienne par le fait que
le rédacteur du texte incriminé, le député bulgare Yevgueni KIRILOV n’avait pas
daigné effectuer une visite dans la région et notamment au Haut Karabagh, ni de
consulter les Co-présidents du groupe de Minsk. On peut relever de manière
concomitante que le représentant spécial de l’UE pour le Caucase du sud, le suédois
Peter SEMNEBY, une décision n’a jamais effectué de visite à Stepanakert alors
que la résolution appelle désormais à « l’envoi d’une importante mission d’observation
sur le terrain, susceptible de faciliter la mise en place d’une force
internationale de maintien de la paix lorsqu’une solution politique aura été
trouvée ». La
confusion ambiante croît encore avec la décision prise par Mme ASHTON de ne pas
renouveler le mandat du même Envoyé spécial de l’Union européenne, P. SEMNEBY
que certains ont pu considérer comme une forme de désengagement et un manque d’ambition
qui vient en contradiction avec le semblant d’intérêt renouvelé du Parlement
européen. IV. Perspectives Andrei
SAKHAROV, défenseur des droits des populations du Haut Karabagh, indiquait au début
du conflit que « le problème du Karabagh est une affaire d’ambition pour l’Azerbaïdjan
et une question de vie ou de mort pour le peuple du Karabagh ». L’ancien
président de la RHK, Arkady GHOUKASIAN indiquait pour sa part que « si l’Azerbaïdjan
a le pétrole, les Arméniens ont la diaspora ». Si
l’on devait dès lors s’interoger sur les étapes à venir, il faudrait tenir
compte de l’équilibre certes toujours instable mais désormais vieux de seize
années régissant les relations entre les deux belligérants. L’attaque azérie
dans la nuit du 18 au 19 juin dernier près du village de Tchaïlou (région de
Martakert) ayant entraîné la mort de quatre soldats du HK et quatre blessés est
cependant là pour rappeler que les escarmouches sur la ligne de font où aucune
force d’interposition n’est présente sont quotidiennes et cruelles. Il semble
pourtant qu’aucune opération d’envergure ne devrait être lancée dans les deux à
trois prochaines années. Dernier
élément en date, la déclaration commune des Président russe, américain et
français, adoptée le 27 juin dans le cadre du G8 appelle les présidents arménien
et azerbaïdjanais à « faire un pas de plus et terminer l’élaboration de
principes fondamentaux afin de pouvoir procéder à la mise au point d’un projet
de traité de paix ». Le texte adopté poursuit en indiquant que « les
Co-Présidents du groupe de Minsk considèrent que les parties opposées (l’Arménie
et l’Azerbaïdjan) ont fait un pas important en avant en reconnaissant le fait
qu’un règlement durable doit être basé sur plusieurs principes dont notamment
la reconstitution des territoires autour du Haut-Karabakh, un statut intermédiaire
du Haut-Karabakh lui garantissant la sécurité et l’autogestion, ainsi que la création
d’un couloir reliant le Haut-Karabakh à l’Arménie ». Rien
n’est prononcé à l’égard des autorités de la RHK démocratiquement mandatées
dont il devrait apparaître approprié de les associer à nouveau à l’élaboration
de nouveaux schémas de règlement, ainsi que cela leur avait été reconnu lors du
sommet de Budapest en mars 1994. L’association des autorités de la RHK écartées
du processus de règlement depuis mars 1997 est un vœu exprimé de manière appuyée
par le Président SAHAKYAN. Le
Groupe de Minsk, parallèlement à l’action des diplomaties bilatérales et
multilatérales où la Fédération de Russie assume actuellement un rôle moteur et
dont on pourrait espérer que l’Union européenne puisse concourir de manière
mieux affirmée, devrait ainsi s’investir d’une nouvelle vigueur. On pourrait,
pour qualifier l’action du Groupe jusqu’à présent, paraphraser une formule
publicitaire en vogue aujourd’hui de « n’avoir jamais été si près d’être
si loin ». Ainsi
que l’indiquait un ancien Président du Conseil français, Henri QUEUILLE, il n’est
en effet « pas de problème que l’absence de solution ne finisse par résoudre ». Personnes rencontrées A. A Stepanakert -M.
Bako SAHAKYAN, Président de la République du HK -
M. Serguei NASIBYAN, Président de la Commission Électorale Centrale -
M. Ashot GULYAN, Président du Parlement et Président du parti « Parti démocratique
de l’Artsakh » -
M. Spartak TEVOSYAN, Vice Premier Ministre et Ministre des Finances -
M. Georgi M. PETROSSIAN, Ministre des Affaires Étrangères -
M. Vassili ATADIANIAN, Vice Ministre des Affaires Étrangères -
M. Gagik PETROSSIAN, Député et membre de la Présidence du parti Mère Patrie
Libre -M.
David ISHKHANYAN, Président de la Fédération arménienne révolutionnaire Dachnak -M.
Hrank MELKOUMYAN, Président du Parti Communiste du HK -M.
Norek GASPARIAN, Responsable de la chaîne de télévision du HK -M.
Leonid MARDIROSSIAN, Editeur en chef du quotidien gouvernemental « Azad
Artsakh » -M.
Vahram ATANESYAN, Député du Parti Démocratique d’Artsakh et Président
de la Commission des Affaires Étrangères
au Parlement du HK -
Représentants des ONG suivantes : ·
Institut pour une Diplomatie populaire ·
Organisation des Jeunes Analystes politiques ·
Association des Réfugiés venus d’Azerbaïdjan ·
Union des médecins du HK ·
Centre pour la coopération internationale · Club
de la presse de Stepanakert · Organe
de presse Demo ·
Intelligentsia de l’Artsakh ·
Université de l’Artsakh ·
Centre international pour le développement humain B. A Erevan - M. Tigran Kimovitch BALAYAN, Responsable des
Services d’information et de presse au Ministère
des Affaires Étrangères - Mlle Karina
KARAPETYAN, Journaliste à l’Agence d’information De Facto et au bimensuel Karabakhski Express - M. Serge SMESSOW,
Ambassadeur de France - M. Serguei P.
KAPINOS, Ambassadeur Chef du bureau de l’OSCE - M. Vadimir N.
KAZIMIROV, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et Premier Vice Président
de l’Association des diplomates de la Fédération de Russie ( longtemps chargé
de la question du HK notamment au sein du groupe de Minsk) |
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