
| Les droits de l'homme dans les pays baltes |
| Date de publication: 11/2/2010 |
![]() Le 9 décembre 2010, l’IDC a présenté à
Bruxelles la traduction anglaise se son rapport sur les droits des minorités
dans les pays baltes, « La possibilité de survivre » (‘Chance to
survive : Minority Rights in the Baltic States’). Le rapport dont l’original a été publié en
russe, a été commandé par la Fondation pour la perspective historique à
Moscou. Il a été rédigé par le
Centre d’Information Légale sur les Droits de l’Homme à Tallin (Estonie) et par
la Commission lettone des droits de l’homme (Riga). L’ouvrage a été dirigé par Vadim Poleschuk avec une postface
par Alexei Semjonov. Le rapport aborde la question des droits de
l’homme et des droits des minorités en Lettonie et en Estonie. Il examine le droit et la politique
dans ces pays dans la mesure où ils impactent sur la vie des minorités. Dans les deux pays, le plus grand enjeu
pour les minorités est le fait qu’un grand nombre de résidents, des russes pour
l ‘essentiel, n’ont pas de citoyenneté. La loi sur la citoyenneté en Lettonie et en Estonie est
ainsi structurée qu’une grande partie de leur populations n’a la citoyenneté ni
de son pays de résidence ni d’un autre État. Plusieurs facteurs expliquent cette situation,
que les auteurs analysent avec une grande objectivité. Parmis eux la difficulté des examens
que les candidats à la citoyenneté doivent passer. Dans les examens il y a notamment des questions
politiquement chargées sur l’histoire, ainsi que des questions qui portent sur
des éléments obscurs de l’histoire de ces territoires. Mais le problème fondamental est que tous les
trois pays baltes ont construit leur identité étatique sur la théorie qu’ils
étaient « occupés » par l’Union soviétique de 1994 à 1991. Aces la Pologne ils affirment avoir été
divisés entre l’Allemagne nazie et l’URSS par le Pacte
« Molotov-Ribbentrop » du 23 aoüt 1939 et qu’ils ont perdu leur
indépendance au profit des deux puissances totalitaires. Les États baltes affirment avoir été
les victimes d’une occupation et d’une colonisation brutale et qu’ils doivent
donc maintenant, c’est-à-dire à partir de 1991, rétablir leur existence
étatique interrompue par les événements de 1939 à 1944. En réalité, les États baltes n’étaient pas
« occupés » par l’URSS mais incorporés dans celle-ci. L’occupation est un régime spécifique
dans le droit international qui existe lorsqu’un État en domine un autre. Le pouvoir politique se trouve alors
uniquement dans les mains de l’occupant et aucunement dans celles des citoyens
de l’État occupé. L’incorporation ou l’annexion, par contre, est un régime dans
lequel les citoyens du pays incorporé jouissent des mêmes droits, notamment de
citoyenneté, que les citoyens de l’État qui les a annexés. Or, il est évident que les citoyens des États
baltes avaient la citoyenneté soviétique dans la période 1994 à 1991 et qu’ils
jouissaient donc des mêmes droits que les autres citoyens soviétiques. Il est donc faux de dire qu’ils étaient
« occupés » pendant cette période. Depuis
1991, pourtant, les États baltes se sont servis de la théorie de l’ « occupation »
pour justifier l’introduction d’un système légal dont le but, souvent proclamé,
est celui de faire rentrer les non-baltes, et en particulier les russophones, « chez
eux ». Ces lois s’appliquent
même dans le cas de russophones nés dans les États en questions. Ces politiques discriminatoires n’ont
présenté aucun obstacle à l’adhésion de ces pays à l’OTAN et à l’UE,
organisations qui pourtant affirment qu’elles exigent le plein respect des
droits de l’homme. Dans le cas des
États baltes (en particulier la Lettonie et l’Estonie) ce sont les droits des
États qui sont respectés, alors que partour ailleurs, dans les Balkans par
exemple, on insiste sur le respect des droits de l’homme. Cette
théorie de la continuité des États baltes leur a permis de qualifier un grand
nombre de leur résidents comme « occupants » ou pire encore comme « enfants
d’occupants », comme si les enfants devaient mourir pour les péchés de
leurs pères. Des personnes nées
sur le territoires baltes sont donc obligés de payer leurs impôts sans pour
autant avoir le droit de voter.
2009 est bien l’anniversaire de la chute du mur de Berlin mais aussi
celui de la dernière élection démocratique en Lettonie – la dernière fois que
tous les résidents avaient les droit de vote. La
théorie de la continuité de l’État a également une influence sur la politique
scolaire. Les imposables
russophones se plaignent depuis des années du fait que les nouvelles lois sur
la scolarité exige que le Letton soit utilisé même dans les écoles
russophones. La présent rapport scrute,
de façon minutieuse, comment la loi et la politique en Estonie et en Lettonie
ont un impact discriminatoire contre les minorités ethniques de ces pays. Les russophone n’ont même pas le statut
de minorité car seuls les citoyens baltes peuvent avoir ce statut. Journalistes,
politiciens et lobbyistes européens et belges ont assistés à la présentation du
rapport à Bruxelles. Sont
intervenus : Natalia Narotchnistkaïa, présidente de l’IDC Paris et de la
Fondation pour la perspective historique à Moscou ; Tatiana Zdanok,
députée au Parlement européen ; Alexei Semjonov du Centre d’Information
Légale sur les Droits de l’Homme à Talllinn ; Professeur Jean-Pierre
Arrignon, professeur émérite d’histoire à l’Université d’Arras ; et John
Laughland, Directeur des Etudes de l’IDC Paris. Le
rapport est disponible en forme de livre et en forme électronique (pdf) à l’adresse
suivante : jl@idc-europe.org
et au téléphone suivant : + 33
1 40 62 91 00. |
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