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Table ronde sur la crise des migrants et la criminalité

Date de publication: 12.04.2016

Des photographes du monde entier étaient présents en mars 2016 pour filmer des migrants traversant une rivière en Macédoine. S'agirait-il d'une mise en scène? Source: Le Salon beige http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/03/des-migrants-traversent-une-rivière-en-macédoine.html

Le 12 avril 2016 l'IDC a reçu Jean-Baptiste Noé et Xavier Raufer pour une table ronde sur "La crise des migrants et la criminalité", basée sur la présentation de leur livre, "Le défi migratoire" publié en mars aux éditions Bernard Giovangeli.  Sont intervenues aussi Ekaterina Narotchnitskaïa et Ayssar Midani.

Jean-Baptiste Noé est historien et professeur d'histoire.  Membre du conseil municipal d'une commune dans les Yvelines, il est aussi confronté à la réalité de la crise des migrants, dans la mesure où l'Etat leur envoie des migrants.  Il a commencé son intervention en contrastant l'Etat "tout puissant" qui, de manière autoritaire, impose aux communes d'accepter des migrants sans leur demander leur avis, avec ce même Etat impuissant qui est incapable d'assurer la sécurité la plus élémentaire dans le pays.  Mais il a surtout insisté sur le fait que la crise mes migrants n'a pas commencé en 2011 avec la crise syrienne.   Cette crise, selon lui, s'est au contraire développé en cinq moments.  

 

1. La désagrégation des Balkans et le création d'un Etat mafieux au Kosovo. 

La Mafia albanaise est notamment très impliquée dans la trafic humain.

 

2. Le désarmement intellectuel des élites.

Marc Bloch écrivait que "Nous avons perdu parce que nous pensions à l'envers" et la même chose est vraie aujourd'hui.  On parle de "flux migratoires" sans se demander quelles en sont les causes, qui sont d'ailleurs différentes selon le pays d'origine (Syrie, Côte d'Ivoire, etc.)  Il y a aussi chez les élites, y compris les médias, un déni de la réalité: pendant toute l'année 2015, par exemple, les médias allemands on tu la réalité de viols commis par des migrants, et les événements de nouvel an à Cologne n'ont été publiés que malgré cette tentative de les étouffer.  Il y a aussi chez ces élites une volonté de remodeler la société européenne et de créer un "homme nouveau", sans culture ni racines.

 

3. L'idée selon laquelle les flux migratoires seraient bonnes pour l'économie. 

L'immigration est censée compenser l'hiver démographique de l'Europe mais en réalité le bénéfice économique de l'immigration est en doute.  L'expérience française des années 1960 et 1970 montre que seul un tiers des immigrés nord-africains travaillait.  En outre, l'importation d'une main d'oeuvre à bas prix dispensait les usines de devenir plus performantes.  Cette immigration aboutit aussi à un déficit de personnes qualifiées dans les pays d'origine: c'est une sorte de pillage des cerveaux et de la main d'oeuvre.

 

4. La responsabilité de l'Europe dans la destruction de la Libye et de la Syrie.

Ces Etats sont devenus des viviers de terrorisme depuis les interventions occidentales, ainsi que des zones majeures d'exportation de migrants, venus d'ailleurs non seulement de Libye et de Syrie mais aussi de très nombreux pays tiers.

 

5. La politique de l'Allemagne. 

La côte de popularité du chancelier Merkel a fortement chuté car sa politique est contestée et incohérente.  L'Allemagne joue un jeu trouble avec la Turquie, et on a l'impression que Berlin est à genoux devant le nouveau sultan.

 

En analysant la crise migratoire, Jean-Baptiste Noé a insisté sur le besoin d'analyser les flux - les zones émettrices, les zones réceptrices et les zones de passage.  Il faut évidemment résoudre le problème à son origine, dans les pays émetteurs de migrants.  Mais l'image de la zone réceptrice principale, l'Europe, avec ses aides sociales et sa tolérance vantée, doit être corrigée.  Il faut surtout un respect des peuples - de ceux qui partent comme de ceux qui accueillent. 

 

Pour résoudre le problème, a-t-il conclu, il faut surtout ne pas mentir aux gens.  Il faut tenir compte de la volonté des peuples et il est préférable que les gens puissent rester chez eux.  L'union européenne ne respecte pas la volonté des peuples, elle cherche au contraire à imposer des flux migratoires, ce qui aboutit à la fuite fiscale d'un grand nombre d'indigènes.

 

Xavier Raufer, criminologue et co-auteur du livre, a comparé les élites européens à des lapins dans les phares d'une voiture, incapables de réagir au danger qui va les accabler.  Il a insisté, lui aussi, sur le déni de la réalité chez les élites européennes, comme en témoignent ses anciens étudiants partis à Bruxelles.  Son diagnostique est que les dirigeants européens sont tout simplement incapables de prendre des décisions: il n'accrédite pas du tout la théorie d'un plan.  Les avertissements ne servent à rien: quand il a parlé de la mafia albanaise dans les années 1990, on le traitait d'agent serbe.  Xavier Raufer a beaucoup insisté sur la pérennité des structures mafieuses - les cinq familles mafieuses de New York sont les mêmes depuis plus d'un siècle - et sur la forte implication d'Albanais dans ces structures.  Cette mafia albanaise est particulièrement impliquée dans le trafic humain.  Ce marché est gigantesque: il représente $é milliards par an, plus encore que le trafic de la drogue.  Il a aussi insisté sur le fait que les passeurs sont des bandits qui exploitent de manière honteuses leurs "passagers": les gilets de sauvetage sont vendis $200, une bouteille d'eau $50.  Il a également insisté sur le fait que les mercenaires qui se battent en Syrie sont aussi des bandits, qui passent indifféremment du mercenariat au trafic d'armes ou d'êtres humains avec la même aisance qu'ils passent d'une brigade djihadiste à une autre.  Il a conclu ses propos en insistant sur le fait que si les islamistes dissimulent, ils ne mentent pas: quand l'Etat islamique annonce un attentat, ce n'est pas du mensonge.  Ainsi il avait annoncé l'an dernier que 4.000 djihadistes se cachaient parmi les migrants.

 

La table ronde s'est conclue avec une présentation par Ayssar Midani de la situation en Syrie, dans laquelle elle a beaucoup insisté sur le sentiment de résistance chez le peuple syrien, mais aussi sur une campagne dans les réseaux sociaux en faveur de l'émigration qui avait commencé l'an dernier au moment où le pays était sur le point de se redresser, et avec une intervention par Ekaterina Narotchnitskaïa qui, exemplaires de la revue de l'Institut d'information dans les sciences sociales à l'appuie, a montré comment cette situation en Europe préoccupe les Russes.

 

Album de photos de l'événement ici.  Video de l'événement ici.

 

 



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