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L'IDC a fêté ses 5 ans avec Jean-Pierre Chevènement

Date de publication: 09.12.2013

Jean-Pierre Chevènement à l'IDC le 9 décembre 2013.

L'IDC fête ses 5 ans

 

A l'occasion du 5e anniversaire de sa création en 2008, l'IDC a eu l'honneur de recevoir Jean-Pierre Chevènement dans ses locaux.  Le sénateur et ancien ministre a présenté son dernier ouvrage, "1914 - 2014: l'Europe sortie de l'histoire?"

La présentation du livre a été suivie d'un discours de conclusion par Jacques Hogard, un ami de longue date de l'IDC.

La présidente de l'IDC, Natalia Narotchnitskaïa, a ouvert les débats avec l'allocution suivante:

 

Monsieur le ministre,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je vous souhaite la bienvenue à cette soirée exceptionnelle pour fêter les 5 ans de la création de l’IDC.

Je remercie chaleureusement Jean-Pierre Chevènement d’avoir accepté d’être parmi nous et de présenter son dernier ouvrage : "1914 - 2014, L'Europe sortie de l'histoire?" publié chez Fayard et sorti le 16 octobre.

Notre Institut a été créé voici une demi-décennie par des ONG russes avec pour objectif d’encourager le dialogue entre les sociétés civiles russes, française et européenne.

L'IDC a en effet pour vocation de participer au débat sur les thèmes les plus importantes pour la société moderne: la relation entre la souveraineté des Etats et les droits de l’homme; les relations est-ouest; le rôle des ONG dans la vie démocratique; et l’interprétation des droits de l’homme et la façon dont ils sont appliqués dans les différents pays.

Notre Institut s’intéresse également de prés à la mémoire des grands moments de l’histoire, notamment des deux grandes guerres du XXe siècle. Notre première table ronde, en novembre 2008, portait sur la mémoire de la guerre de 14 chez les différentes nations européennes.

Pendant ces 5 dernières années, nous avons eu l'honneur de recevoir un grand nombre de personnalités politique français, russes et européens.

Parmi nos intervenants je citerais l'ancien premier ministre de la Russie, Evgeny Primakov (que vous avez entendu vous-même, Monsieur le ministre); l'ancien ministre de Affaires étrangères et ancien président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas; et le Haut Commissaire des Droits de l'Homme des Nations-Unies, Madame Navi Pillay.  

Nous sommes très honorés d’entendre ce soir l'un des hommes les plus expérimenté et les plus clairvoyant de la classe politique française.

A travers votre dernier livre, Monsieur Chevènement, vous évoqué un sujet qui nous tient ici particulièrement à cœur - l'influence de l’histoire sur la politique contemporaine. 

En effet, Jean-Pierre Chevènement, en évoquant la date de 1914 dans le titre de votre ouvrage, vous nous rappelez comment l'Europe de 2014 sera toujours, d'une certaine manière, marquée par cet événement terrible que fut la Grande guerre.

Monsieur le ministre, votre curriculum vitae est aujourd’hui l’un des plus prestigieux de la République : vous avez occupé les fonctions régaliennes de ministre de l'Education Nationale, ministre de la Défense et ministre de l'Intérieur. Vous avez également été candidat à l’élection présidentielle en 2002.

Vous êtes aujourd’hui Sénateur et Président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen.

Deux choses sont frappantes dans votre parcours :

Premièrement, vous avez toujours su conjuguer l'action politique et la réflexion intellectuelle. L'ouvrage que vous présentez ce soir et votre 21ème livre! Vous êtes également président de la Fondation Res Publica, une fondation politique qui, comme l'IDC, organise régulièrement des débats sur divers aspects de l'actualité politique.

Deuxièmement,  vous avez toujours cru fermement en l'importance du rôle de l’Etat  et de la souveraineté des nations.  Fort de ces idéaux vous vous êtes opposé à la guerre en Irak en 1991 et au Traité de Maastricht en 1992. Dans ces deux oppositions, Monsieur le Ministre, vous avez fait preuve d'une grande clairvoyance.

Tout au long de votre carrière vous avez toujours montré un vif intérêt pour les affaires internationales. Vous êtes actuellement Vice-Président de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat et vous avait été nommé par le Président de la République représentant spécial de la France pour la Russie.

L'IDC aussi déploie son activité hors de France et fait souvent intervenir des intervenants étrangers.  En 2012, nous avons reçu Vaclav Klaus, qui était encore à cette époque président de la République tchèque, pour présenter son dernier livre sur l'Europe. Je pense que vous partagez un certain nombre des analyses du président Klaus.  Nous l'avons reçu non pas ici mais au Cercle de l'Union Interalliée, qui a été créée en 1917 pour les membres de la Triple Entente, c'est-à-dire de l'alliance entre la France, la Russie et le Royaume-Uni. Nous continuons aujourd’hui à avoir des projets communs avec l’Institut Vaclav Klaus à Prague et avec cet homme remarquable. 

Avec l'IDC, nous nous avons donc réussi, je crois, à créer un think- tank de dimension européenne réunissant aussi bien des Russes que des ressortissants des États de l'Union européenne.

C'est ainsi que mon adjoint et directeur d'études John Laughland est de nationalité britannique, alors que le directeur exécutif est de nationalité russe.

L’IDC n'est peut-être pas une réincarnation de la Triple Entente!  Mais notre Institut entretient des relations très diverses avec les milieux universitaires et intellectuels partout en Europe. Nous avons notamment établi des partenariats avec l'Université Paris 1, avec l'Université La Sapienza à Rome, avec des associations en Allemagne ainsi que dans d'autres pays européens.

Nous croyons que cette dimension européenne - mais non pas européiste ! - doit être à votre goût, cher Monsieur Chevènement.  Car dans votre livre, c'est bien de l'Europe - de la vraie Europe ! - qu'il s'agit!

Pour toutes ces raisons, Monsieur le ministre, nous vous remercions de votre présence parmi nous et c'est avec plaisir que je vous cède la parole.


S'en est suivie la présentation de son livre par Jean-Pierre Chevènement.  Voici la présentation du livre tel que Jean-Pierre Chevènement l'affice sur son propre site:

 

On peut prédire, sans risque de se tromper, que la commémoration, en 2014, du déclenchement de la Première Guerre mondiale sera instrumentée à des fins politiques. Au nom du «Plus jamais ça!», il s’agira, pour nos classes dirigeantes, de justifier la mise en congé de la démocratie en Europe au prétexte, cent fois ressassé, de sauver celle-ci de ses démons.

Même si comparaison n’est pas raison, il m’a paru éclairant, pour comprendre comment l’Europe a été progressivement sortie de l’Histoire, de rapprocher les deux mondialisations, la première, avant 1914, sous égide britannique, et la seconde sous égide américaine, chacune posant la question de l’hégémonie sans laquelle on ne peut comprendre ni l’éclatement de la Première Guerre mondiale ni l’actuel basculement du monde de l’Amérique vers l’Asie. 

La brutale accélération du déclin de l’Europe ne tient pas seulement aux deux conflits mondiaux qu’a précipités un pan- germanisme aveugle aux véritables intérêts de l’Allemagne. Elle résulte surtout de la diabolisation de ses nations nécessaire à des institutions européennes débilitantes qui ont permis leur progressive mise en tutelle par de nouveaux hegemon

Afin de ne pas être marginalisée dans la nouvelle bipolarité du monde qui s’esquisse entre la Chine et l’Amérique, l’Europe a besoin de retrouver confiance dans ses nations pour renouer avec la démocratie et redevenir ainsi actrice de son destin. Rien n’est plus actuel que le projet gaullien d’une « Europe européenne » au service du dialogue des cultures et de la paix, une Europe compatible avec la République où la France et l’Allemagne pourront de concert penser vraiment l’avenir d’un ensemble allant de la Méditerranée à la Russie. Dans une « réconciliation » enfin purgée de ses ambiguïtés et de ses non-dits : celle de deux grands peuples capables de poursuivre ensemble leur Histoire. 

 

Plan détaillé

INTRODUCTION : D'UN SAUT L'AUTRE OU L'HISTOIRE INSTRUMENTEE 

1914 : une part d'énigme 

Une mémoire approximative... et surtout sélective 
Un grand oublié : le front russe 
L’ultime face à face 
Le rôle des États-Unis dans la fin de la guerre 
L’armistice ambigu 
Le patriotisme oublié 
La découverte du « Mal » 

Quand le présent instrumente la lecture du passé 
La crise de l’Europe néolibérale 
Justifier le passage à une « Europe postdémocratique » 
D’un saut l’autre 
La question de l’hegemon dans la mondialisation 

1914 et la genèse de l'actuelle construction européenne 
Le « besoin d’Europe » 
Au nom de l’Europe, un nouveau « despotisme éclairé » 
Un contresens éclairant : la monnaie unique 
L’Europe sortie de l’Histoire avec ses nations 

Peut-on lire la première guerre mondiale en dehors des histoires nationales  ? 
Pas de téléologie 


PREMIERE PARTIE: COMMENT L'EUROPE A ETE PRECIPITEE DANS LE NOIR 

Chapitre premier – Les responsabilités immédiates dans le déclenchement de la première guerre mondiale 
La première mondialisation, facteur de paix ? 
Le choix de la guerre 
Le « Manuel franco-allemand » ou l’art de l’estompage 

Chapitre II – L'Allemagne au XIXe siècle  : un pays à la recherche de son identité
La question du « Sonderweg » 
Le tournant de 1891 

Chapitre III – Le rôle du pangermanisme dans l'acheminement à la guerre et dans la guerre elle-même 
Le projet d’union douanière de l’Europe centrale 
L’idéologie du pangermanisme 
Le ressentiment contre la modernité, un phénomène européen 
Les « buts de guerre » de l’Allemagne en 1914 

Chapitre IV – Était-il possible d'éviter la première guerre mondiale  ? Ses causes profondes  ? 
La question de la responsabilité 
Bouleversements dans la hiérarchie des puissances 
Un projet de marché commun partagé eût-il permis d’éviter la catastrophe ? 
D’une hégémonie l’autre : absence de vision d’une rive à l’autre de l’Atlantique 

Chapitre V – De l'échec de Versailles à la normalisation occidentale de l'Allemagne 
De l’armistice à la paix 
Le réquisitoire de Keynes 
Les Alliés auraient-ils pu jouer la carte de la social-démocratie allemande ? 
La crise économique et la fin de la République de Weimar 
La paix de Versailles un siècle après 
Le discrédit de ses nations : un obstacle au redressement de l’Europe 


DEUXIEME PARTIE : D'UNE MONDIALISATION L'AUTRE 

Chapitre VI – La première mondialisation, laboratoire de la seconde  ? 
Facteurs techniques et volonté politique 
La mondialisation est aussi financière 
Le phénomène de l’émergence 
Mondialisation et propagation des crises 
Illusions et inquiétudes 
L’explosion de la sphère financière 
Incertitudes stratégiques 
Le « renversement du monde » 
Guerres monétaires 
La question de l’énergie 
L’art de la guerre : entre puissance et précision 
Une nouvelle bipolarité se dessine 
Le destin de l’Europe 
L’avenir de la démocratie 

Chapitre VII – La question de l'hegemon au XXIe siècle 
Le PCC, héritier de toute l’histoire de la Chine 
L’oeuvre de Deng 
La rencontre des États-Unis et de la Chine 
La notion d’hégémonie est-elle dépassée ? 
Réalité de la compétition économique 
L’internationalisation du yuan 
L’aspect militaire de la compétition 
Le tournant de la politique américaine 
Un nouvel « avant-1914 » ? 
De l’occidentalisme à l’humanisme 


TROISIEME PARTIE : COMMENT FAIRE REVENIR L'EUROPE DANS L'HISTOIRE? 

Chapitre VIII – L'Europe piégée 
Une Europe mise en pilotage automatique 
Des nations « impuissantées » 
Une politique européenne à la Laval 
Comment en est-on arrivé là ? 
L’embarquement pour Cythère 
La revanche des marchés et des banques 
Le principe de la responsabilité des États et les limites de l’« intégration solidaire » 
Vers l’Europe postdémocratique 
Le sentiment commun d’appartenance, mystère de la démocratie 
Les responsabilités des classes dirigeantes françaises 
Le désarroi français 

Chapitre IX – L'Allemagne et la tentation du grand large 
Une réunification globalement réussie 
Une normalisation occidentale achevée 
Au « sommet de l’Europe » ? 
Le choix de la compétitivité externe 
L’Allemagne a-t-elle encore besoin de l’Europe ? 
La proposition de H. W. Sinn 
Un tout petit fourgon-pompe 
Une Europe allemande ? 
Le « coup d’État européen » d’Ulrich Beck est voué à l’échec 
Le dilemme d’Angela Merkel 
Une Europe disciplinaire 
Mme Merkel fera du Merkel 

Chapitre X – Refonder la relation franco-allemande 
Le second décrochage français 
L’intérêt vital de la France 
Le cinquantenaire du traité de l’Élysée 
Un rapport enfin normal au passé franco-allemand 
Asynchronie des histoires nationales et réalité de l’Histoire européenne 
Le bilan du traité de l’Élysée 
– La défense commune franco-allemande 
– L’apprentissage de la langue de l’autre 
Deux visionnaires 
Cinquante ans après, une relation qui reste ambivalente 
Le déséquilibre psychologique 
La France vue d’Allemagne : une vieille dame 
L’Allemagne vue de France : une grande Suisse 
La réconciliation franco-allemande a été acquise il y a cinquante ans 
Deux identités qui communiquent 

Chapitre XI – La monnaie commune pour sortir du piège 
Faire de la Banque centrale européenne une banque centrale comme les autres : un scénario qui risque de demeurer bancal 
Un deuxième scénario plus sûr : la transformation de l’euro en monnaie commune 
Deux conditions de réussite pour la monnaie commune 
– Un plan européen d’investissements 
– Le choix d’une parité monétaire ajustée 
Des États responsables pour une démocratie retrouvée 
Une vision d’homme d’État 
La France doit d’abord compter sur elle-même 

Chapitre XII – Un projet historique retrouvant le cap de l'unité européenne 
Un fait massif s’impose, les nations européennes continuent 
Des « nations postnationalistes » ? 
Quand un problème est insoluble, il faut en changer les données 
Un projet historique est nécessaire à l’Europe pour qu’elle puisse trouver sa place au XXIe siècle 
Préserver et rénover l’État social 
Codéveloppement et compétitivité 
Protéger par la monnaie 

CONCLUSION - GAGNER LA PAIX, ENSEMBLE 
Une ambition de civilisation 
L’Europe dans la géopolitique du XXIe siècle 
Changer l’échelle de l’Europe 
La « géométrie variable » 
À la base de tout, l’étroite entente de l’Allemagne et de la France 
Atouts de la France 
La République tient la France debout 

 

 

Après la présentation, Jacques Hogard a prononcé le discours de clôture suivant:


Monsieur le Ministre,

Madame la Présidente, chère Natalia,

Cher John,

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Il m’a été demandé – et c’est pour moi un redoutable honneur ! - de prononcer quelques mots à l’occasion de ce cinquième anniversaire de l’IDC, après la passionnante conférence de Monsieur Jean-Pierre Chevènement qui vient de nous présenter son dernier ouvrage : « 1914 – 2014, l’Europe est-elle sortie de l’Histoire ».

En quelques minutes, je voudrais vous livrer simplement mon témoignage, celui d’un auditeur assidu de l’IDC, même si, du fait d’un agenda professionnel parfois trop chargé, je n’ai hélas pu participer à la totalité de ses manifestations…

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L’IDC, je vous le rappelle, a débuté ses activités lors de la guerre en Géorgie durant l’été 2008 - et il vient d’atteindre ses 5 ans, pratiquement au moment ou la guerre en Syrie a connu une inflexion subite, alors que les « puissances occidentales » renoncaient aux frappes aériennes et que le Président Poutine sauvait la face de tous en proposant la seule alternative de paix crédible, permettant ainsi d’éviter cette escalade de violences qui n’aurait eu d’autre résultat possible que de déstabiliser davantage et définitivement la région et de la livrer encore un peu plus aux exactions des rebelles islamistes…

Comment d’ailleurs, comme me le soulignait John Laughland , ne pas y voir une preuve de coopération, efficace s’il en est, entre le Saint Siège, le Saint Esprit et le Kremlin, puisque la solution de paix russe était acceptée par tous le 10 septembre, trois jours seulement après la journée de prière et de jeune lancée par le Saint Père sur la place Saint Pierre de Rome le 7 septembre, ce même jour ou John Kerry le Secrétaire d’Etat américain rencontrait les dirigeants européens afin de préparer les premières frappes aériennes !

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En ce qui me concerne, je voudrais dire que ce que je retiens avant tout de la démarche de l’IDC, c’est sa grande indépendance d’esprit, sa liberté d’expression, et la qualité des débats ouverts à tous, si précieuses à l’Ouest ou la pensée unique, le « politiquement correct » se sont malheureusement imposés au fil du temps, de manière si « étouffante », particulièrement au cours des quatre dernières décennies, en réalité depuis la disparition du regretté Président Pompidou.

Trois exemples en sont pour moi représentatifs sans être pour autant exhaustifs :

Je voudrais dire d’abord que la présence de Monsieur Chevènement parmi nous ce soir est en effet, pour moi personnellement, un symbole très fort.

C’est en effet la Serbie - et en particulier sa province du Kosovo et Métochie - qui m’ont amené à l’IDC, sur les excellents conseils de mon ami Vojislav Koštunica qui fut le président de la fédération yougoslave avant d’être le premier ministre de Serbie.

Et il se trouve – il n’y a pas de hasard ! – que Monsieur Chevènement fait précisément partie des voix, plutôt rares en France et en Europe de l’Ouest, qui avaient courageusement et justement dénoncé l’agression de l’OTAN contre la Serbie en mars 1999, ainsi que les effets prévisibles, désastreux, de cette violation indubitable du Droit International.

Lorsqu’en 2008, la soi-disant « république du Kosovo » proclamera unilatéralement son indépendance, en violation formelle de la Résolution 1244 au nom de laquelle avait été pourtant menée l’agression contre la Serbie, Monsieur Chevènement aura des paroles très claires et sans appel pour dénoncer la reconnaissance par la France de ce pseudo-Etat balkanique.

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A cet égard, comment ne pas citer à propos de la construction européenne le Président tchèque Vaclav Klaus que l’IDC avait reçu au Cercle interallié le 2 avril 2012 pour y présenter son livre « Sauver les démocraties en Europe » ! Tout y est dit ou presque : « Je suis favorable à la poursuite du processus d’intégration évolutive de l’Europe, naturelle et logique, fondée sur l’élimination de tous les obstacles inutiles qui nuisent à la libre circulation des gens et de leurs idées, des marchandises et des services, des monnaies et du capital. Je suis pour la continuation du processus fondé sur une concurrence libre et non contrainte par des règles, des politiques et des lois entre les pays européens.

Mais je suis opposé à l’unification, à l’homogénéisation et à la standardisation du continent, à son institutionnalisation bureaucratique. Je ne suis pas favorable à l’élimination des pays et à leur remplacement par les structures de l’Union européenne, qui manquent singulièrement de la légitimité démocratique nécessaire. Ce que je défends et recommande, c’est la coopération et l’amitié entre pays européens dans la mesure et la perfection les plus grandes qu’on puisse imaginer ».

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En cette période où l’on manque tant de repères, dans tous les domaines essentiels - et où l’on manque en particulier de perspective morale, à l’heure où certains fondamentaux de notre Civilisation sont balayés d’un revers de loi, l’IDC est précisément un de ces repères pour les opinions déboussolées.

Trait d’union entre l’Europe de l’Est et la grande puissance en cours de reconstruction qu’est la Russie, et l’Europe de l’Ouest, l’IDC s’est aussi signalé par son engagement en faveur des valeurs chrétiennes et européennes de la Famille et de la protection du Droit des Enfants en particulier.

J’ai ainsi en mémoire la remarquable table ronde organisée sur ce thème au début de l’été dernier en présence de mesdames Elena Mizoulina et Olga Batalina, responsables de la Commission de la Famille à la Douma d’Etat, de notre ami italien monsieur Luca Volonté et de mesdames Christine Boutin et Béatrice Bourges, courageuses défenseurs de la famille

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Dans un tout autre domaine enfin, je garde personnellement un très fort souvenir du dîner au Sénat organisé en octobre 2011 autour du brillant et remarquable Dimitri Rogozine, à l’époque ambassadeur de la Fédération de Russie à l’OTAN, pour l’écouter nous parler de cet organisme - dont nous avait sorti avec clairvoyance le Général De Gaulle - et dans les bras duquel nous a jeté quelques décennies plus tard Nicolas Sarkozy !, mais je pourrai aussi parler des exceptionnelles interventions de Mère Agnès Mariam de la Croix, religieuse syro-libanaise, supérieure du Monastère de Saint Jacques l’Incis en Syrie, de l’Archimandrite Tikhon Chevnoukov, supérieur du monastrère Sretensky à Moscou et de bien d’autres personnalités Russes, Françaises et étrangères qui m’ont toutes beaucoup marqué par leur caractère d’authenticité et leur hauteur de vues…

Il est impossible tant l’activité de l’IDC a été riche et multiple, éclectique dans ses approches, de la résumer ici en quelques mots.

Désormais bien solidement implanté à Paris, l’IDC a participé à de nombreuses manifestations en Europe, à Rome, Genève, Berlin, Leipzig et Prague ; des interventions ont été faites à l’Assemblée Générale des Nations Unies à New-York, à la Commission Européenne à Bruxelles, à l’OSCE à Vienne et à Varsovie, à l’université La Sapienza à Rome, à l’Université de Columbia à New-York, au Collège des Bernardins à Paris, à l’Assemblée Nationale à Paris, à la Chambre des Députés à Rome, au Parlement de Serbie à Belgrade, liste non exhaustive et forcément réductrice !...

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En conclusion de cette rapide intervention, je voudrais surtout souhaiter un très bel et heureux anniversaire à l’IDC, espace de réflexion libre et particulièrement enrichissant, trait d’union entre Européens de l’Est et de l’Ouest, tous attachés à nos patries charnelles, et à la culture judéo-chrétienne qui les irrigue, élément actif pour la promotion d’un véritable dialogue inter-européen.

Je voudrais remercier ici chaleureusement l’ensemble des collaborateurs de l’IDC et bien sûr Natalia Narochnistkaïa, sa présidente, et John Laughland, son directeur des études, qui sont à l’origine de ce qui est désormais un succès qui va en s’amplifiant chaque année.

Mon souhait ardent est que se poursuive ainsi, modestement, patiemment, avec ténacité, le renforcement des liens entre la France et l’Europe de l’Ouest d’une part, et la Russie et l’Europe de l’Est d’autre part, au minimum entre les « pays réels » si les « pays légaux », parfois hélas, ont encore du mal à suivre.

 

 

 

 



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