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"Le conflit en Syrie: un hold-up non-reussi"

Date de publication: 11.12.2012



Ayssar Midani

IDC, 11 décembre 2012

"Le conflit en Syrie: Que faire maintenant?"

 

 

Préambule.

Ce colloque a pour titre "Le conflit en Syrie: que faire maintenant?".

Soyons augustiniens et posons qu'il n'y a de temps que le passé du présent, le présent et le futur du présent. En effet, c'est comme cela que se décline le thème de cette rencontre.

Et tout de suite de voir la difficulté surgir, je dirai un conflit entre les termes mêmes dudit titre qui sonne comme un titilus jalonnant le chemin de croix de nous autres

Conflit des termes, disais-je, car à quoi donner la "primeur": au "conflit en Syrie"? Au "que faire" ? ou au "Que faire maintenant"?

Au risque d'être court, je résumerai la situation de ce "Conflit en Syrie" par cette formule lapidaire: "Le conflit en Syrie" est l'histoire (non encore achevée) d'un hold-up qui n'a pas réussi (l'anglicisme a toute sa place ici). Et comme souvent dans les hold-up qui ne réussissent pas, il a tourné au tragique.

Du "Conflit en Syrie".

 1- La typologie même dudit conflit pose problème aussi bien des points de vues polémologique, du droit international comme de l’appréciation politique ordinaire. Est-ce une guerre, une guerre civile ou alors, une révolte, une révolution, une rébellion? Le « conflit en Syrie » (non pas syrien !) ressemblerait à tout cela ou l’on voudrait qu’il soit tel ou tel type de conflit selon le point de vue où l’on se place et celui que l’on vise. Mais, comme souvent si ce n’est toujours,  le discours sur le Monde n’est pas le Monde.

2°- Nous ne parlerons pas du traitement médiatique de la question pour au moins une raison : les médias sont l’instrument d’une politique, c’est une arme importante qui a été beaucoup utilisée contre la Syrie.

3°-De mon point de vue, le conflit en Syrie est passé par trois phases essentielles :

3.1- Un développement interne ou le ton « printanier » donné au conflit alors naissant, a laissé croire à beaucoup d’acteurs politiques que cela relevait de la même dynamique, du même souffle de ce qui fut présenté comme le Printemps arabe. L’expectative était à cette phase le mot d’ordre : laissons faire et voyons voir !

3.2-Un développement régional avec l’entrée en scène de la Ligue arabe qui s’était donnée pour tâche essentielle, non pas une médiation dans le conflit, mais d’appuyer une partie contre une autre, isoler le pouvoir et porter le dossier devant l’ONU. A ce stade déjà, et eu égard aux développements des autres bourgeons dudit Printemps arabe, spécialement en Libye, il est vite devenu évident qu’il y avait une volonté de la part de l’Europe atlantiste, emmenée par les Etats-Unis d’Amérique, de faire tomber la Tour Syrie dans son giron. Le ton était donné et le temps pour réagir compté. Car il n’était pas neutre, pour les Syriens comme pour leurs alliés historique – la Russie en tête-, de voir que le drapeau syrien devenait par trop étoilé une bannière un peu trop « étoilé » et que son rouge fut remplacé par un vert qui, après le ton donné, annonçait la couleur du projet où les observateurs avisés ont vu non pas les fruits de ce Printemps, mais celui du discours de Barack Obama au Caire , en juin 2009 et le deal passé avec l’Internationale des Frères Musulmans et leurs assimilés (Tunisien, Egyptiens, Libyens…etc.).

3.3- Devant les instances de l’ONU, le monde entier a découvert, ébahi, étonné et parfois offusqué, non pas le Conflit en Syrie mais que la Russie et la Chine avaient encore l’usage de leur droit de veto au Conseil de sécurité de l’OTAN. Il était temps ! A partir de là, une idée fit son chemin que le conflit en Syrie n’est pas qu’un conflit syrien, loin de là. C’est surtout à partir de l’accord de Genève conclu-il faut le dire- entre la Russie et les EUA que le « Conflit en Syrie » a dévoilé véritablement ses enjeux pour le Droit international, l’équilibre de la région et du monde naissant depuis une dizaine d’année et la paix globale.

Et il est à peine exagéré, de mon point de vue, de dire que depuis, le Monde a découvert cette nouvelle forme de Guerre Mondiale à laquelle on assiste depuis la chute du Mur de Berlin, que personne n’a voulu reconnaître comme telle  et que le « Conflit en Syrie » est un de ses épisodes. Peut-être le dernier, peut-être le plus âprement disputé avec ce que cela veut dire.

 

 

 

La réalité sur le terrain

 

 

Le peuple Syrien vit depuis 21 mois au rythme du terrorisme d’Al Qaeda dépêchée en Syrie pour soutenir des « opposants » au pouvoir syrien qui refusent tout dialogue auquel appelle le pouvoir depuis juin 2011.

La Syrie est un pays indépendant et souverain qui refuse les dictats mais qui a accepté les missions de la Ligue Arabe, de Kofi Annan et les accords de Genève base de ces 2 missions et a coopéré positivement avec les membres de ces missions. Les rapports de ces missions ont été occultés parce qu’ils ne disaient pas ce que les pays de l’OTAN et à leur tête les USA voulaient qu’ils disent.

La Syrie n’a aucun centime de dette extérieure, et a les moyens d’une indépendance alimentaire et pharmaceutique. La Syrie produit ce qu’elle mange et mange ce qu’elle produit. L’industrie pharmaceutique locale couvre 95 % des besoins de la population.

Les interventions terroristes ont visé particulièrement la destruction de cette autonomie: récoltes brulées, silos de grains incendiés, industrie pharmaceutique mise à terre, chemins de fer sabotés, relais électriques et réseaux de distribution d’eau sabotés… tout vise à affamer la population et à détruire cette indépendance.

Les manipulations, et mensonges médiatiques qui ont accompagné ces agressions d’Al Qaeda, de l’ASL (recrutée, entrainée et armée par la Turquie, Qatar l’Arabie Saoudite et dirigée par les experts de guerre de l’OTAN) concernant des massacres prétendument effectués par l’Armée Syrienne à la veille de chaque réunion internationale, ont fait que des votes successifs de sanctions injustes contre la Syrie ont été réalisés.

La Syrie a été suspendue de tous les média Nilesat, Arabsat, Atlanticsat et les média occidentaux ne se réfèrent qu’à une seule source OSDH qui celle des rebelles. La liberté d’expression, base même des régimes démocratiques est ainsi violée.

Aujourd’hui, malgré une vie quotidienne très dure, le peuple Syrien résiste aux côtés de son armée et de son pouvoir patriotique et résistant et refuse de plier l’échine.

La Russie et la Chine avec le triple veto ont sauvé la Syrie d’une invasion à la Libyenne, nous les en remercions.

La Russie, la Chine ainsi que tous les pays du BRICS,  de l’Amérique Latine, et l’Iran œuvrent pour une solution syrienne politique de dialogue et de transition pacifique vers la Démocratie.

A l’intérieur, le mouvement pour la réconciliation nationale progresse ainsi que les réformes malgré l’escalade de la violence attisée et aidée par l’occident qui fournit : armes, djihadistes et conseils militaires à partir de la Turquie, le Liban, la Jordanie aux « rebelles ».

La nouvelle constitution, les nouveaux partis politiques la nouvelle loi sur l’information ouvrant les média officiels à l’opposition et au débat politique n’ont jamais eu droit de cité dans les média occidentaux.

 

La reconnaissance par la France et certains pays européens d’une coalition qui ne représente qu’elle même, qui, a signé un accord compromettant de capitulation totale sur toutes les questions nationales, constitue non seulement une violation du droit international mais aussi une violation du droit du peuple syrien à disposer de lui même et à décider de qui le représente et qui le gouverne.

 

Quelle sortie ?

Certains ont déjà leur feuille de route, cf. – le protocole de Doha, - où sont clairement cités les intérêts de la Russie et de la Chine - et ont fait échouer Genève1 ainsi que les missions Dabbi- Annan.

Que faut-il faire en face de cela ?

Allons-nous inévitablement vers un 3é conflit Mondial ?

Cette manière de faire des USA avec la théorie Zbigniew Brzezinski où les USA : contourne le droit international, et désorganise les pays d’Afrique et d’Asie, c’est le cas pour la Syrie, une guerre qui ne dit pas son nom, en dehors des instances internationales.

On peut difficilement imaginer un ordre mondial avec  ces actions en dehors du droit international !

Par ailleurs La Russie, comme la Chine restent dans le cadre du droit international, ce qui est à l’avantage d’un ordre mondial régulé et serein.

Qu’a donné la rencontre Russie USA Ibrahimi? Quelles garanties et quelle avancée ?

Les accords de Genève basés sur le respect du droit international permettaient de résoudre le problème de manière correcte. Peut-on dire qu’il y a eu échec de Genève 1 ?

Comment faire pour assurer le Succès de la Mission El Ibrahimi ?

En attendant, les Djihadistes armés par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec les pays de l’OTAN, affluent par milliers: 75000 hommes!! Traitons cette agression pour ce qu’elle est: Une violation de la charte de l’ONU qui mérite sanctions, et que la communauté Internationale prenne les mesures nécessaires.

Beaucoup pensent à un Accord de Genève 2 ?

1. Sauvegarde de la Souveraineté de la Syrie dans ses institutions reconnues par le droit international ;

2. Respect de l’équilibre régional ;

3. Respect du droit International et la paix Mondiale.



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